
Des hommes
menaçants descendirent du ciel pour encercler les deux êtres. Un
d'eux se téléporta et attrapa Myrnrelle par derrière en lui serrant
les bras si fort qu'il lui arracha un terrible cri de
douleur.

Voyant sa
dulcinée souffrir, Spartaniël bondit sur l'individu pour planter
ses ongles dans sa gorge afin que celui-ci regrette amèrement
d'avoir osé, sous ses yeux, toucher et faire du mal à son
amante.

Pryavieth
ricana et le prévint:
-Tu ne peux
pas me tuer, assura-t-il, sarcastique et en se moquant
d'un rire trop aigu, puis, tu ne veux pas que la mort de ta
femme soit encore plus longue et douloureuse ... N'est-ce
pas?
-Vous ne
pouvez rendre sa mort plus douloureuse puisque vous ne prendrez
point sa vie! éclata Spartaniël en resserrant sa main
autour de la gorge de l'être ignoble.

L'individu
ria de nouveau , cette fois-ci d'un rire plus criard, et envoya,
par la force de ses mains, le corps du vampire enragé des mètres
plus loin. Sa tête ayant percuté le socle d'une statue de marbre,
le beau vampire sombra instantanément dans
l'inconscience.
-Non!!
cria Myrnrelle en se débattant pour essayer de s'ôter de
l'emprise de l'homme qui ne l'avait laissée s'échapper pendant
l'intervention de Spartaniël.

-Je suis
désolé...lui glissa l'homme qui la tenait, la gorge
serrée, visiblement peiné et choqué de l'attitude de son
maître.
Pryavieth se
releva lentement et passa une main sur son cou pour vérifier
que l'impossible vampire n'avait pas fait couler son sang. Il se
dirigea ensuite vers Myrnrelle.
-Chut, ma
belle, du calme...Il se réveillera peu de temps après que nous
t'aurons tué. Ne t'en fait pas pour lui...chuchota l'être
sombre à l'oreille de l'impératrice.
Elle continua
tout de même à l'appeler en espérant son réveil.
- Adieu ma
mie, et bon voyage! termina-t-il.
Il fit
apparaître dans ses mains un flambeau destiné à l'incinération de
la pauvre femme.
En apercevant
la torche enflammée, Myrnrelle ferma les yeux et pria de toute son
âme pour, qu'avant sa fin, elle puisse souffler un dernier adieu à
Spartaniël...
Ce
n'était pas la mort en elle même qui l'effrayait, mais la peur
d'être séparée de son aimé...
Séparée de
son vampire...

A cette
pensée, elle se débattit furieusement mais les disciples de l'homme
attachèrent la pauvre femme autour d'un arbre puis cédèrent la
place à leur maître.
-Spartaniël! hurla-t-elle, une ultime
fois. Mais celui-ci,
inconscient, ne répondait toujours pas à ses
appels.
Elle vit
l'être sombre s'approcher doucement avec la torche qui se
consumait.
-Adieu!
lança-t-il, joyeux et amusé. Il posa la torche enflammée
aux pieds de la belle et regarda de ses yeux pétillants le si
divertissant spectacle tout en se reculant.

-Ah! Quel
spectacle...Mmm...Charmant! La voir se débattre, gémir...Tout
simplement magique! Ah, ah,ah...ricana-t-il
.
Le feu
ardent de l'enfer brûlait les ailes de l'ange.

Une
larme...Une seule larme ne put couler de son œil bleu ,
torturée par tant de souffrances. Une simple goutte d'eau qui
représentait tellement de sentiments et d'émotions...Cette larme
était pour lui... Spartaniël...
Puis, son
esprit envoyant son dernier adieu au vampire, Myrnrelle vit enfin
s'éteindre la dernière flamme de sa vie.

A la suite de
l'incinération, l'arbre s'enflamma bruyamment et arracha de son
sommeil le beau vampire endormi. Quand il remarqua l'absence de
Myrnrelle et qu'il repensa aux dangers qui les menaçaient avant
qu'il eut sombré dans l'inconscience, il courut, en clamant sa
fureur, vers le groupe des êtres sombres.
Il vit des
cendres au pied de l'arbre... Et une mèche de cheveu blond qu'il
cueillit dans ses mains blanches …

-Myrnrelle?...murmura-t-il, les yeux
humides. Il referma doucement sa main sur la mèche en osant
admettre l'effroyable vérité.
Sa femme
s'était évanouie à jamais...Sa bien aimée...Son
adorée...

-NON!!! Vous
ne pouvez me l'enlever, vous ne pouvez !!! Non, non, NON!!!
hurla-t-il, en faisant volte face pour tuer de ses mains
les assassins.
Malheureusement, il ne pouvait se venger de ce
coup si cruel car les traitres s'étaient tous volatilisés. La seule
chose qui restait et qui témoignait de leur présence, était à
terre.
Un bout de
parchemin sur lequel il était inscrit quelques phrases.
Spartaniël,
anéanti, tomba à genoux sur le sol et attrapa le vulgaire bout de
papier:
«
Ceci est une punition des dieux. Nous vous avions
prévenu maintes et maintes fois, en vain...Votre amour était
interdit! Voilà votre sanction. Vous demeurerez séparés à
jamais!»
-Rahhhh!!!!
explosa le vampire en réduisant en lambeaux le parchemin
céleste.

Il détruisit
tout sur son passage. Il mit le feu à tout ce qui pouvait lui
rappeler sa mie...

Il hurla son
malheur, son désespoir, profana les pires menaces contre les
dieux.

Enfin,
complètement dévasté, il se laissa glisser à terre contre la seule
chose qui n'avait pu périr de ses mains, la statue de
marbre.
Spartaniël
se morfondit contre la pierre froide. Il vit partir à tout jamais
ses rêves de mariage et d'amour...Il vit partir sa
vie...